01/11/2014 : un insecte issidé (Latilica maculipes)


Aujourd'hui, tandis que je flânais mollement sur internet, une bestiole s'est permis de sauter sur mon bureau. Attiré par le mouvement, mon oeil découvre un drôle d'insecte, une sorte de mini-cigale d'environ 5 mm de long. Quelle chose étrange !

Il n'en fallait pas moins pour que je sorte la loupe.




Au zoom 1,5X, je découvre un insecte ailé en uniforme de camouflage militaire. J'appendrai plus tard, grâce au forum insecte.org, que cet insecte est un Latilica maculipes, appartenant à la famille des Issidés (ordre des Hémiptères, sous-ordre des Auchénorrhynches, infra-ordre des Fulgoromorphes).

En suivant quelques liens, j'apprendrai que les hémiptères comprennent des insectes dont les pièces buccales, de type piqueur-suceur, sont enfermées dans un rostre qui fonctionne comme une seringue aspirante. Ces insectes s'en servent pour absorber les sucs des végétaux ou les liquides des animaux.
Les hémiptères possèdent généralement deux paires d'ailes dont la paire antérieure est plus ou moins cornée pour protèger les ailes postérieures plus délicates.

Traditionnellement, les hémiptères comportaient deux sous-ordres bien distincts :
- les hétéroptères (dont les ailes présentent une partie basale coriace et une partie apicale membraneuse), par exemple les punaises.
- et les homoptères (dont les ailes antérieures, quand elles existent, sont soit entièrement membraneuses, soit entièrement coriaces), par exemple les pucerons, les cigales, ou comme ici les issidés.
Mais cette classification est aujourd'hui abandonnée au profit de 4 sous-ordres : les Hétéroptères, les Auchénorrhynches, les Sternorrhynches, et les Coléorrhynches.




Au zoom 4,5X, on détaille bien les yeux composés (c'est-à-dire à facettes), arrondis, uniformément noirs et velus. On arrive à voir les poils sur la photo ci-dessous en pleine résolution, à la partie inférieure de l'oeil.
Il y a 2 antennes, courtes et situées sous les yeux.




On voit 3 paires de pattes, comme pour tous les insectes. Elles sont attachées au thorax. Ci-dessous au zoom 2X :




Les pattes postérieures sont placées en retrait vers l'arrière pour avoir plus de poussée, c'est un insecte sauteur. Je lis sur internet que les Issidés peuvent bondir jusqu'à 1 m devant eux grâce à un système de roue dentée au niveau de leurs hanches.
Les pattes sont velues et constituées de 5 segments : la coxa, le trochanter, le fémur, le tibia et le tarse. Au zoom 4,5X, ci-dessous, on voit des griffes à l'extrêmité du tarse et sur les pattes postérieures on constate la présence d'épines.




Au zoom 1,25X, la face ventrale de l'hémiptère montre son rostre, qui lui permet de sucer la sève des végétaux. Je regrette de ne pas en avoir fait de photo plus détaillée, je ne pensais pas que c'était un élément important dans la classification des insectes.
J'ai écarté les ailes, ce qui dévoile bien les différences entre la paire antérieure, durcie, épaisse et pigmentée, et la paire postérieure, frêle et tranparente.




Au même grossissement, la face dorsale montre les différents segments de l'abdomen.




Le Vertex, au zoom 4,5X. C'est la partie de la tête située au dessus et derrière les yeux
C'est une caractéristique anatomique très importante dans la classification des Issidae.




Détail au zoom 4,5X de la partie inférieure de l'abdomen qui se termine par un appendice caudal velu dont je n'ai pas réussi à identifier le nom ou l'utilité (s'il y en a une). À la base de cet appendice, on voit un orifice. Là non plus, je ne sais pas s'il est digestif ou génital, ni si on peut dire qu'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle au vu de ces photos. La réponse viendra peut-être un jour, pour l'instant mystère...




Le même appendice, vu au microscope à l'objectif 10X, avec les poils tout en transparence.




Une patte postérieure vue à l'objectif 10X :




Une aile postérieure à l'objectif 4X :




Au 10X, on détaille mieux la pigmentation qui est faite de petits points. Les nervures semblent parcourures d'un canal central longitudinal.




Et au 40X :




Une aile antérieure à l'objectif 4X. Elle est plus épaisse et pigmentée. Elle est divisée en 2, individualisant une partie triangulaire sur le versant interne.




Elle est aussi nervurée, mais sa pigmentation est d'apparence différente. Une photo à l'objectif 10X :




Au 40X, les nervures sont différentes de celles des ailes postérieures, constituées par une succession d'anneaux.




Voilà un insecte qui m'aura donné du fil à retrordre au niveau de son identification. C'était une observation captivante, et le fait de me documenter ensuite pour identifier ce que je voyais m'a donné envie de m'intéresser davantage à l'entomologie. En plus les insectes sont faciles à trouver et très variés. Des heures d'observation en perspective !


<<< Retour aux observations 2014