20/05/2014 : des pièces de 1 euro


Après ma précédente série sur les pièces de 50 centimes, qui m'a beaucoup intéressé, j'ai décidé de remettre ça avec des pièces de 1 €. Il y avait quelques points, notamment la calibration de couleur, sur lesquels je voulais revenir.
Donc durant 15 jours, j'ai collecté un maximum de pièces différentes. J'ai réussi à rassembler 8 faces nationales et les 2 variantes du côté pile.




Comme d'habitude, avant de commencer, je visite quelques pages internet pour glaner des renseignements utiles. J'y lis que les pièces de 1 euro sont composées de deux parties. Le centre, de couleur argentée, est formé de cupronickel (un alliage à 75% de cuivre et 25% de nickel). La couronne extérieure, de couleur dorée, est faite d'un alliage de laiton et de nickel appelé maillechort (75% de cuivre, 20% de zinc et 5% de nickel). Elles ont un diamètre de 23,25 mm, une épaisseur de 2,33 mm et une masse de 7,5 g.
Comme précédemment, je n'utiliserai que la loupe binoculaire à son grossissement le plus faible (zoom 0,7X). Et même si cette pièce mesure 1 mm de moins en diamètre que celle de 50 centimes, sa grande taille exigera des mosaïques de 9 images. Je ne ferai ni flat ni compositage.

Ce qui me posera le plus de difficultés, c'est encore la gestion des couleurs. Sans aucune calibration l'image de la pièce est franchement verte. En calibrant la balance des blancs sur la platine porte-objet de la loupe, comme je l'ai fait pour la série des 50 centimes, l'image tire encore sur le jaune. Avec une calibration sur la partie en cupronickel de la pièce, on obtient à l'écran les couleurs les plus proches de la vision à l'oculaire quoiqu'encore un peu rouges. Avec une petite retouche manuelle des paramètres couleur de la caméra, on arrive à un résultat fidèle. Mais il y a un problème... À l'oculaire ça ne surexpose pas. Et donc l'image est brillante, les zones sombres comme les zones claires et réflechissantes ressortent bien. C'est beau ! Mais à l'écran, dès que la lumière devient un peu forte, les zones brillantes sont brûlées. Pour faire ressortir tous les détails sans surexposition, on est obligé de baisser franchement la puissance de l'éclairage, avec un résultat global assez sombre notamment au niveau des couleurs.
Je crois qu'il existe dans Photoshop une méthode de traitement d'images HDR pour fusionner différents niveaux d'exposition, mais je n'ai encore jamais essayé. Il faudra que je creuse ça...
Il y a encore un autre problème qui vient s'ajouter. D'une pièce à l'autre, suivant l'usure ou la saleté, le coefficient de réflexion et le rendu des couleurs n'est pas le même. Donc idéalement il faudrait faire des réglages adaptés à chaque pièce... C'est pas simple !
Pour l'instant, je me suis simplement contenté de faire des mosaïques à partir d'images sombres (disons avec l'exposition maximale entraînant une surexposition acceptable), que j'ai ensuite redynamisées au cas par cas dans Photoshop.

Je commence par la première émission de la face commune (1999-2006). Elle ressemble à celle des pièces de 50 centimes. Le chiffre "1" représentant la valeur de la pièce apparaît cette fois-ci sur le côté gauche. À droite, figurent 6 lignes verticales aux extrêmités desquelles se trouvent les 12 étoiles du drapeau européen. La carte de l'Union européenne vient se placer par dessus. Les frontières entre états membres sont marquées par une ligne fine. Le mot "EURO" se superpose horizontalement dans la partie centrale droite. On retrouve également le monogramme "LL" de l'artiste graveur Luc Luycx, juste sous le "O" de "EURO".
Il y a un détail qui m'a frappé, que je n'avais jamais remarqué (et dont je ne reviens toujours pas...). En regardant la carte de l'Europe, mes yeux se fixent sur la Suède et la Finlande, et là... AH AH AH !!! C'est pas possible, je dois vraiment avoir l'esprit mal tourné, mais la silhouette de ces 2 pays me fait immédiatement penser à... comment dire... euh, disons des organes génitaux externes masculins ! Ben ça alors...




Une nouvelle série de pièces est frappée depuis 2007 avec un décalage d'un an pour l'Italie (qui frappe aussi les pièces du Vatican et de Saint-Marin), l'Autriche et le Portugal. Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l'ensemble du continent européen (membre ou non de l'Union), afin d'éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n'y apparaissent donc plus.
La gravure est très proche de la précédente version, à part la Scandinavie qui a perdu son aspect phallique.




Vue par la tranche, la pièce alterne 3 segments lisses avec 3 cannelés.




L'avers de la pièce italienne affiche une reproduction de "L'Homme de Vitruve", le célèbre dessin réalisé par Léonard de Vinci en 1492 et exposé à la galerie de l'Académie de Venise. Les 12 étoiles de l'Union européenne se situent sur l'anneau en maillechort. Au dessus de la tête de l'Homme, les lettres superposées R et I désignent la "Repubblica Italiana". Le millésime "2009" est visible à droite de l'Homme et l'initiale "R", la marque de l'atelier de Rome, à gauche. L'artiste italienne Laura Cretara, qui a dessiné cette pièce a signé de ses initiales "LC", dans le coin inférieur gauche du carré entourant l'Homme.




L'Autriche a choisi d'afficher sur ses pièces un portrait de son plus grand compositeur, Wolfgang Amadeus Mozart, accompagné de sa signature, en hommage à la culture musicale du pays. Les séries Euro de pièces autrichiennes, sont les seules, avec celles de la Grèce, à afficher la valeur faciale sur les deux faces, que l'on retrouve ici à droite du portrait. En dessous de l'inscription "EURO" on reconnaît une représentation héraldique du drapeau autrichien où le rouge est figuré par des petites stries verticales. Le millésime "2002" se situe à gauche du portrait et les 12 étoiles de l'Union tout autour.




La pièce espagnole est à l'effigie du roi Juan Carlos Ier. Il est accompagné sur sa gauche par la marque de l'atelier (le M couronné) et le nom du pays sous sa forme espagnole "ESPAÑA". Et il est entouré des 12 étoiles de l'Union, dont 3 enserrent le millésime "2009" et 4 sont reliées par une bande en relief.




Sur les pièces d'Allemagne figure l'aigle fédéral stylisé, symbole traditionnel de la souveraineté allemande, entouré des 12 étoiles de l'Union européenne situées dans l'anneau externe strié.
Dans les pattes de l'aigle, on retrouve le millésime "2002", ainsi que la lettre G, marque de l'atelier monétaire de Karlsruhe.




Comme sur leurs pièces de 50 centimes, les Pays-Bas ont choisi de faire figurer sur leurs pièces de 1 € un portrait de profil de la reine Béatrix. L'inscription est la même "Béatrix, reine des Pays-Bas" en néerlandais, sauf qu'ici elle est verticale. Les 12 étoiles ne sont disposées que sur la moitié gauche de l'anneau externe. Apparaissent également le millésime "2000" (à droite) et 2 différents (tout en bas). J'ai déjà vu celui de droite, le caducée, marque de l'atelier monétaire d'Utrecht. En revanche, je découvre celui du Maître graveur, à gauche, un petit arc armé d'une flèche et accompagné d'une petite étoile en dessous. J'apprends sur internet qu'en 1999 le poste de Maître était confié à Christian Draanen qui signait d'un arc. Mais l'année suivante, le poste était vacant et c'est W. J. van Schauwenburg, Maître supplétif qui en occupera la fonction. La coutume veut que seuls les Maîtres titulaires signent de leur différent. Et lorsque le poste de Maître n'est pas pourvu d'un titulaire, le différent ne change pas mais on y adjoint une étoile. C'est rassurant de voir que les Français ne sont pas les seuls à aimer les choses compliquées...




Les pièces portugaises portent le sceau royal de 1144, troisième sceau du roi Alphonse Ier, entouré des 7 châteaux et des 5 écus des armoiries du Portugal placés en regard de chacune des 12 étoiles de l'Union européenne, insérant en haut les lettres du mot PORTUGAL, et en bas le millésime "2002". La marque de l'atelier monétaire "INCM" et la signature de l'artiste Vitor Manuel Fernandes dos Santos. "VS" sont identiques aux pièces de 50 centimes que j'ai déjà observées.




Sur les pièces françaises, on peut voir un hexagone symbolisant la France, entouré de la devise de la République "LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ". À l'intérieur de l'hexagone, se trouve un arbre qui pousse ses racines et ses branches vers les 12 étoiles de la couronne. Il évoque la vie, la croissance et la pérennité. Il abrite les initiales "RF" de la République française et la signature de l'auteur du dessin, Joaquin Jimenez.
Dans la couronne de maillechort, les 12 étoiles sont reliées par un entrecroisement de lignes, insérant en bas le millésime "2000", et en haut les différents de la Monnaie de Paris (la corne d'abondance) et du Graveur Général Pierre Rodier (l'abeille), déjà vus sur la pièce de 50 centimes.




La Belgique reprend le portrait de profil gauche du roi Albert II. La couronne de maillechort porte les 12 étoiles de l'Union européenne, le monogramme royal et le millésime.




Avec cette série, j'ai apporté quelques petites améliorations à ma technique. Mais c'est loin d'être aussi joli qu'à l'oculaire. Je pense qu'avec la prochaine page, sur les 2 euros, je vais tester une autre méthode et m'essayer au HDR. À suivre...



[EDIT du 11/02/2016]

Je fais un petit complément à cette page en ajoutant 2 nouvelles pièces de 1 euro. J'utilise maintenant une technique photographique différente que je détaille sur la page suivante concernant les pièces de 2 euros.

La première pièce est celle du Luxembourg. Elle est frappée à l'effigie du Grand-Duc Henri, le chef de l’État luxembourgeois du moment. On le voit de profil, sur le modèle de la pièce des Pays-Bas. La pièce est partagée en deux par une ligne verticale. À droite, le souverain présente son profil droit. À gauche, on observe plusieurs inscriptions. La plus volumineuse est le mot "LËTZEBUERG" qui signifie "Luxembourg" en luxembourgeois. Juste à côté, on retrouve le millésime entouré de deux marques monétaires. Celle du bas représente la lettre "S" (pour Suomi = Finlande) et celle du haut une corne d'abondance sous la forme d'une petite pyramide surplombant 4 pièces de monnaie (c'est le logo de l'institut monétaire finlandais, le Rahapaja Oy). En effet, le Luxembourg ne possèdant pas d'atelier monétaire, il sous-traite la frappe de ses pièces, et de 2005 à 2007 ce fut l'atelier de Finlande qui obtint le marché, d'où la présence de ses 2 différents.
À l'extérieur, dans la couronne de maillechort, on retrouve les douze étoiles avec une petite variante graphique puisque les 7 étoiles de la partie droite sont en relief et les 5 de gauche sont creusées. Entre les étoiles de 6 et 7 heures s'insèrent les initiales "GC" du graveur, Yvette Gastauer-Claire, une artiste luxembourgeoise.




Pour la Grèce, la pièce de 1 euro représente une antique pièce de monnaie athénienne, la pièce de 4 drachmes (une pièce dans une pièce, c'est fort !). Ce tétradrachme est une pièce chargée d'histoire et de symbolique puisqu'il fut la première pièce de monnaie internationale, utilisée à l'époque dans tout le bassin méditerranéen. Cette référence forte renvoie à la puissance commerciale et au prestige politique de la cité d’Athènes, mais rappelle aussi que la Grèce fut le berceau de l’Histoire monétaire européenne, et témoigne de sa volonté d'unité et d'ouverture des frontières.
Sur ce tétradrachme aux contours patatoïdes (Ve siècle avant J.-C. quand même) figure une chouette, symbole de sagesse, puisqu'en tant qu'animal nocturne elle est capable de voir ce que les autres ne voient pas. Naturellement, cet oiseau associé à Athéna, la déesse de la sagesse, sera l'emblème de la cité athénienne.
Dans le coin supérieur gauche figure une branche d’olivier, autre symbole mythologique d'Athéna depuis qu'elle affronta Poséidon pour la possession de l'Attique.
À droite de la chouette, on retrouve l'inscription "1 ΕΥΡΩ", rappelant comme mentionné plus haut que la Grèce, comme l'Autriche a repris la valeur de la pièce sur sa face nationale en dépit des recommandations du Journal Officiel de la commission Européenne. On peut observer que la moitié gauche de la lettre Ω (sur la drachme) est creusée, tandis que la moitié droite (à l'extérieur de la drachme) est en relief. Autre détail bien plus difficile à observer sur cette pièce usée et que je n'ai remarqué qu'après avoir regardé des photos de tétradrachme, il y a à droite de la chouette les 3 lettres grecques AΘΕ inscrites verticalement. Elles correspondent aux 3 premières lettres du mot "Athènes" et sont évidentes sur les tétradrachmes. En revanche ici, on les devine à peine, en arrière-plan de la valeur faciale. C'est la lettre "A", à la partie moyenne du "1" qui est la plus visible.
Sur la tranche inférieure de la drachme on observe également les lettres "ΓΣ", initiales du graveur Georgios Stamatopoulos. Et au-dessus de la tête de la chouette, à l'extérieur de la drachme se trouve la marque d'atelier de la Banque de Grèce, une petite feuille verticale à 7 lobes, que j'avais déjà vue sur les pièces de 2 euros.
Dans la couronne périphérique, on retrouve sans originalité les 12 étoiles de l'Union européenne. L'étoile du bas divise le millésime "2002" en 2 groupes de chiffres, et est gravée d'un petit "S" dont j'ai déjà parlé avec la pièce grecque de 2 euros et qui indique que cette pièce a été frappée en Finlande bien qu'elle affiche le différent de l'atelier Grec.





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